Les outils pour construire et gérer votre réseau de références (3/3)

Billet sur le thème de la réputation professionnelle sur Internet en 3 parties, vous lisez la partie 3.

Partie 1 : “Comment gérer votre réputation en tant que professionnel ?”

Partie 2 : “Construire votre réseau de références”

Dans les 2 premiers billets, nous avons abordé plusieurs notions :

– références professionnelles
– références sociales
– recommandations
– réseau de contacts
– réseau de références
– sphère de confiance ou contexte de confiance

Si vous n’avez pas le courage de lire ou relire les précédents billets, voici un résumé :

1. Les recruteurs et employeurs évaluent la réputation d’un professionnel à partir de ses références et de leurs recommandations (orales ou écrites).

2. Vous avez des références professionnelles parmi vos anciens ou actuels managers, collègues, collaborateurs, clients, fournisseurs ou partenaires. Vous avez également des références sociales (amis et personnes de votre réseau social ou associatif).

3. Beaucoup de professionnels sont confrontés à 2 problèmes majeurs :

1er problème – La perte de leurs références. Vous perdez vos références d’autant plus vite au fur et à mesure de votre mobilité professionnelle (changement d’entité, de fonction,…) et au fur et à mesure de votre mobilité géographique (pays, région,…).

2ème problème – L’utilisation des références en mode pompier (quand tout va mal). Pourquoi faire appel à vos références uniquement pour une recherche d’emploi ? Vos références pourraient vous aider à obtenir une promotion, une augmentation de salaire ou un nouveau poste ! Quand tout va mal, c’est souvent trop tard pour gérer ses références.

4. En tant que professionnel, il est important de construire 2 réseaux :

a. Votre réseau de contacts – Il s’agit de votre carnet d’adresses : toutes les personnes avec qui vous avez été en contact au moins une fois en face à face ou en virtuel. Ce réseau vous permettra d’obtenir des mises en relation et probablement de retrouver vos références perdues ! Ce qui compte, c’est la quantité de vos contacts afin de réduire le nombre d’intermédiaires qui vous permettent d’entrer en relation avec quelqu’un.

b. Votre réseau de références – Il s’agit de votre réseau de références sociales et professionnelles, qu’on pourrait aussi appeler votre réseau de confiance. Ce réseau vous aidera pour votre carrière au sein de votre entreprise, pour gagner des contrats si vous êtes consultant, mais aussi bien sûr pour une future recherche d’emploi. Il s’agit d’un réseau qualifié (connaissances mutuelles fortes) et de qualité (ce n’est pas la quantité qui compte !).

5. Un réseau de références ou réseau de confiance = Ceux en qui j’ai confiance et qui ont confiance en moi (confiance mutuelle). A l’intérieur de ce réseau, pour chaque personne, une sphère de confiance est définie. Cette sphère de confiance peut inclure des fonctions, expertises, compétences et qualités humaines. Il s’agit des éléments sur lesquels vous accordez votre confiance à une personne de votre réseau. Ces éléments seront décrits à travers les recommandations de vos références, soit orales (lors d’interviews avec des recruteurs) ou écrites (lettres de recommandation). A l’inverse, à l’extérieur de la sphère de confiance, vous n’êtes pas à l’aise pour dire que vous avez confiance dans cette personne même si elle fait partie de votre réseau de références. Il est effectivement très rare qu’on ait une confiance illimitée et absolue vis-à-vis des personnes de notre entourage professionnel ou social.

Ce petit résumé des précédents billets permet de comprendre les enjeux liés à la gestion de votre réputation en tant que professionnel. Pour construire et gérer votre réseau de références, il existe 2 types d’outils :

Les réseaux sociaux professionnels comme Linkedin, Ecademy, Viadeo et 6nergies (Xing ne propose pas de système de recommandations). Ces réseaux sont spécialisés dans la mise en relation et la gestion de votre réseau de contacts professionnels. Mais, ils disposent également de fonctions permettant d’obtenir des recommandations ou témoignages. On peut alors obtenir un aperçu de votre réseau de références à travers la liste des personnes qui ont rédigé des recommandations pour vous.

Les outils de gestion des références professionnelles comme CV 2.0, Naymz, Repvine, iKarma, Rapleaf, TrustPlus ou Gorb. Ils ne sont pas tous conçus dans une logique de “réseau de références”, mais ils permettent de facto de créer un réseau de références à partir de la liste des personnes qui ont rédigé des recommandations, des feed-back ou des témoignages. iKarma, Rapleaf, TrustPlus et Gorb proposent également aux vendeurs des systèmes de notation plus ou moins sophistiqués sur le même modèle qu’eBay.

I. Les réseaux sociaux professionnels

Le principe des réseaux sociaux professionnels est simple : obtenir des mises en relation en mettant en ligne votre carnet d’adresses pour pouvoir utiliser celui de vos contacts. C’est un jeu gagnant / gagnant. Vous rendez public votre carnet d’adresses pour pouvoir accéder non seulement au carnet d’adresses de vos contacts, mais aussi à celui des contacts de vos contacts jusqu’à 3 ou 4 degrés.

A titre personnel, mes 259 contacts sur Linkedin me permettent d’entrer en relation avec 85.600 personnes (2ème degré). Ces 85.600 personnes peuvent à leur tour me mettre en relation avec 4.263.600 personnes (3ème degré). Ces chiffres varient tous les jours, plus les personnes de votre réseau de contacts ajoutent des contacts à leur propre réseau et plus cela augmente le nombre de personnes que vous pouvez contacter … si vous payez un abonnement. Et oui, ce n’est pas gratuit, ou en tout cas, pas totalement selon les services.

Les réseaux sociaux professionnels ont été conçus pour gérer votre réseau de contacts et pour organiser des mises en relation, mais ils peuvent également être utilisés pour gérer votre réseau de références. Voici un tour d’horizon des acteurs majeurs sur le marché :

Linkedin est le leader mondial avec 20 millions d’utilisateurs. Très peu présent en France jusqu’à présent, Linkedin vient de signer un partenariat avec l’APEC qui devrait l’aider à s’implanter rapidement en France.

Xing est un service d’origine allemande. C’est le leader européen avec 5 millions de membres, mais il ne propose aucun système de recommandations. Il ne peut pas être utilisé pour gérer votre réseau de références.

Viadeo est le leader français avec 2 millions d’utilisateurs. Il est utile surtout si vous vivez et travaillez en France. Mais ce service a des ambitions mondiales.

Ecademy est un service britannique qui compte 300.000 utilisateurs. Très utile si vous travaillez au Royaume-Uni.

6nergies est un service français qui compte 20.000 membres et qui propose des applications originales et sans publicité.

Tout comme pour les sites de rencontres amoureuses, ces réseaux professionnels augmentent leur valeur ajoutée par la masse de leurs utilisateurs. Plus il y a de membres, plus le nombre de mises en relation possibles augmente. En théorie, il est donc préférable de s’inscrire sur les services leaders de votre marché. Mais rien ne vous empêche de vous inscrire sur plusieurs services.

A l’inverse, les outils de gestion de vos références ne sont pas confrontés à ce problème de masse critique. L’objectif n’est pas de vous mettre en relation, mais de gérer votre réputation professionnelle. Si vous sollicitez 10 personnes pour devenir vos références, le nombre total d’utilisateurs du service vous importe peu !

La plupart des réseaux professionnels proposent un système de recommandations. Vous avez donc le “tout en un” : gestion de votre réseau de contacts et de votre réseau de références. Mais, il y a bien sûr quelques inconvénients :

– Peut-on inviter une personne de la même manière dans son réseau de références et dans son réseau de contacts (le plus souvent via un message impersonnel envoyé automatiquement à tout votre carnet d’adresses) ? En général, on ne gère pas de la même manière un contact et une référence.

– Est-il pertinent de laisser vos contacts accéder librement aux noms de vos références et inversement ? Etre sur un carnet d’adresses est beaucoup moins engageant que d’être sur une liste de références. La confidentialité peut être très importante pour certaines personnes. Il est donc préférable d’avoir un espace dédié.

– Certaines personnes peuvent accepter de devenir une référence en rédigeant une recommandation mais elles n’ont pas forcément envie :
1. de mettre leur carnet d’adresses sur la place publique
2. de jouer les intermédiaires ou tiers de confiance à travers de multiples demandes de mise en relation
3. de recevoir des propositions commerciales ou des propositions de recruteurs via les offres de mise en relation directe proposés dans les abonnements Premium de Linkedin ou Viadeo par exemple. Ces offres permettent à n’importe qui de contacter vos références directement sans intermédiaire. Certains parlent de “spam social” pour décrire le spam sur les réseaux sociaux. Pour comprendre le phénomène, lisez ce billet du 4 juillet 2008 dans un blog : Le spam social de Viadeo. Le spam social correspond aussi aux invitations qu’on reçoit d’inconnus qui souhaitent qu’on les ajoute à nos contacts afin qu’ils puissent ensuite accéder à la liste de nos contacts. Ces nuisances pourraient conduire vos références à fermer leur compte.

– Comment montrer les recommandations de votre profil Linkedin sur votre profil Viadeo ou l’inverse ? Si vous changez de pays et que dans ce nouveau pays, il faut vous inscrire sur un autre service, vous risquez de perdre vos recommandations (Linkedin est bien implanté aux Etats-Unis et Viadeo en France).

– Si vous abandonnez un service pour un autre plus adapté à vos besoins, est-ce que vos références vous suivront à chaque changement ?

– Comment montrer vos recommandations sans obliger votre interlocuteur à s’inscrire sur le service que vous avez choisi ? Un recruteur ou un prospect doit d’abord s’inscrire sur le service que vous avez choisi avant de pouvoir accéder à vos recommandations et surtout aux profils de ceux qui ont fait ces recommandations.

Toutes ces contraintes s’expliquent en partie par la finalité des systèmes de recommandations pour les services de mises en relation. Des recruteurs, des consultants, des commerciaux payent des abonnements pour pouvoir contacter des chercheurs d’emploi ou des prospects. Les demandes de mise en relation étant payantes, il est important de pouvoir évaluer la réputation du professionnel qu’on veut contacter. Le système de recommandations permet de répondre à cette question : Est-ce que cela vaut la peine de payer pour vous contacter ?

Par ailleurs, au titre des contraintes, il est probable que Linkedin n’a pas d’intérêt à ce que vous utilisiez vos recommandations sur Viadeo ou sur Xing tout comme eBay n’a pas d’intérêt à vous laisser utiliser votre réputation de vendeur eBay sur d’autres sites de e-commerce. Il s’agit d’un système fermé.

Pour pallier les problèmes liés aux services « Tout en Un » (contacts + références), de nouveaux services sont apparus et se sont spécialisés sur la gestion de la réputation.

II. Les outils de gestion des références professionnels et sociales

Les outils de gestion des références professionnelles et sociales sont complémentaires des réseaux sociaux professionnels car ils ne sont pas conçus pour les mises en relation et la gestion de vos contacts.

Ils permettent de créer un profil public ou privé sur lequel vous allez afficher les noms de vos références et leurs recommandations. Pour promouvoir votre réputation, il suffit de renvoyer vers votre profil en ligne. Vous pouvez aussi imprimer ce profil en ligne et l’annexer ou l’intégrer à votre CV papier.

Si vous avez lu le précédent billet, vous savez que j’ai conçu un service de gestion des références (CV 2.0) et que je dirige la société qui propose le service. Depuis novembre 2007, ce blog me permet de partager avec vous mes années de recherche et de développement sur le thème de l’identité et de la réputation numériques. Pour ce billet en particulier, compte tenu du conflit d’intérêts entre ma position de blogueur et ma position vis-à-vis de CV 2.0, je vous conseille de vous inscrire sur les services cités pour vous faire votre propre opinion. Cette réserve faite, voici un panorama des outils existants :

1. Repvine est un service entièrement dédié à la gestion de vos références. Vous créez un réseau et seules les personnes qui font partie de votre réseau peuvent rédiger des recommandations. Cependant, une fois connecté avec une personne, vous ne maîtrisez plus le contenu de sa recommandation, sauf à engager une procédure à travers un formulaire spécial. Voici les raisons de ce choix extrait des FAQ :

« With RepVine, you get to decide who contributes, that is, who makes up your community, but you do not get to decide or change what your community says about you. If you invite a friend or a customer to contribute, or accept a request for contribution from a friend or customer, they will most likely say good things, but they might also say something slightly neutral or perhaps something that you think is a little too honest or even negative. None of us are perfect, and our references will reflect that. […] » Source http://www.repvine.com/footer/faq.php#D

Cependant, pour contrebalancer la publication potentielle de contenus négatifs, mais également pour fiabiliser le contenu publié, Repvine propose un système de vote sur chaque recommandation. Chaque personne de votre communauté peut voter sur le contenu publié par les autres membres de votre communauté. Si vous obtenez une recommandation, qu’elle soit positive, neutre ou négative, sa valeur ou pertinence peut être réduite ou augmentée par les membres de votre communauté par des votes en accord ou désaccord.

Repvine vous permet de rassembler dans votre réseau de références des personnes sur 4 dimensions : amis, famille, professionnel et romance. La vidéo « Dating » n’est plus disponible sur leur page (cliquez ici pour la voir http://www.youtube.com/watch?v=8NcUQAd-YuA) ; si vous voulez vous détendre, regardez les 2 autres vidéos disponibles : http://www.repvine.com/videos/.

Pour un aperçu du service, visitez le profil de cet utilisateur qui pourrait être l’un des fondateurs de Repvine (impossible de trouver le nom des porteurs de ce projet) :
http://www.repvine.com/members/hyardeny/

2. Naymz a déjà été présenté dans le billet “Créer votre marque personnelle“. Ce service a été conçu à l’origine comme un agrégateur de contenus sur un profil en ligne (à partir de vos flux RSS). Naymz vous permet ensuite de promouvoir votre profil dans les liens sponsorisés des moteurs de recherche. Fin 2007, Naymz a ajouté de nouvelles fonctions orientées vers la gestion de la réputation professionnelle. Vous pouvez solliciter des recommandations et vous créez un réseau mixant contacts et références. On fait la différence entre un contact et une référence à travers la rédaction d’une recommandation. Un contact ne rédige pas de recommandation.

Voici la liste des fonctionnalités proposées :
– Créer un profil en ligne (photo, présentation, coordonnées,…) et créer votre réseau de références (dans la limite de 10 avec le compte gratuit),
– Agréger les flux RSS (photos, vidéos, blogs, favoris,…) des services que vous utilisez (Flickr, Youtube,…),
– Créer votre Naymz Reputation Network. Il s’agit de votre réseau de contacts et de références comme sur Linkedin,
– Rechercher des personnes sur un moteur de recherche parmi tous les inscrits Naymz pour trouver des partenaires, des clients,…
– Référencer votre profil Naymz dans les liens commerciaux des 3 principaux moteurs de recherche (pour $4.95 USD par mois),
– Surveiller les publications en ligne qui vous concerne (Reputation Monitor)

Naymz a aussi mis en place son propre système d’évaluation de votre réputation (votre RepScore). Plus vous êtes transparent sur le nombre d’information que vous publiez dans votre profil, plus vous gagnez des points. Vous gagnez par exemple 5 points pour chaque lien web ajouté sur votre profil, 5 points par tags et par e-mails que vous ajoutez sur votre profil,… Votre RepScore s’affiche sur la droite de votre profil avec une note de 1 à 10.

Votre profil s’affiche publiquement, mais vous pouvez cacher vos coordonnées. Seuls les utilisateurs inscrits sur Naymz peuvent vous contacter via un formulaire ou via vos coordonnées (téléphone, adresse,…). Si vous avez l’abonnement Premium, vous pouvez aussi être contacté par les personnes qui ne sont pas inscrites sur Naymz. Cet abonnement permet non seulement d’autoriser les utilisateurs non inscrits à vous contacter, mais il permet aussi de retirer les bandeaux publicitaires qui entourent les contenus de votre profil.

Lorsqu’une personne de votre réseau de contacts rédige une recommandation pour vous, vous ne pouvez pas refuser ou modifier son contenu. Mais si le contenu ne vous plaît pas, il suffit de retirer l’utilisateur de votre réseau (son nom et sa recommandation disparaît de votre profil et de votre réseau).

Pour avoir un aperçu du service, visitez le profil de l’un des 3 fondateurs, Nolan Bayliss : http://www.naymz.com/search/nolan/bayliss/5

Les recommandations se trouvent dans le cadre “Endorsements” en dessous des coordonnées et la liste des références est sur la colonne de droite.

3. CV 2.0 est une solution de gestion des références qui vous permet d’intégrer dans votre CV papier ou votre CV en ligne, les recommandations de vos références professionnelles et sociales. CV 2.0 est un système ouvert (non exclusif) qui vous permet de centraliser vos recommandations et de les publier sur tous les services et supports de votre choix y compris Naymz ou Repvine !

Centraliser vos recommandations est utile si vous êtes inscrit sur plusieurs réseaux professionnels. CV 2.0 vous permet de garder le contrôle total des contenus proposés par vos références. Si le contenu d’une recommandation ne vous convient pas, vous pouvez suspendre l’utilisateur de votre réseau (il devient invisible sur votre profil public). Vous lancez ensuite une procédure de révision pour ajuster et discuter le contenu de votre recommandation avec son auteur. Le but principal n’est pas d’écarter le contenu négatif ou neutre, mais d’orienter le texte sur certaines actions plutôt que d’autres pour mettre vos recommandations en cohérence avec votre futur projet professionnel. Vous pouvez ainsi décrire les compétences et les réalisations les plus importantes pour vous aider à mettre en œuvre votre projet. CV 2.0 fonctionne donc dans une logique d’image de marque (Personal Branding).

Voici la liste des fonctionnalités proposées :
– Profil en ligne sous forme d’un mini site web (public ou privé),
– Choix entre plusieurs couleurs différentes pour votre charte graphique,
– Aucune publicité sur votre profil, même sans abonnement,
– Vos visiteurs n’ont pas besoin de s’inscrire sur CV 2.0 pour vous contacter ou pour voir vos recommandations,
– Option pour afficher votre mini site web en 2 langues de votre choix – La traduction de vos contenus est à votre charge,
– Possibilité d’insérer une vidéo pour vous présenter (via un service d’hébergement type Google Vidéo),
– Confidentialité et sécurisation de l’accès à vos pages avec un système de code d’accès. Mais, vous pouvez aussi laisser votre profil en accès libre et même le référencer sur les principaux moteurs de recherche et dans des annuaires spécialisés.

Ce service est 100% gratuit pour les particuliers. Il existe une offre pour les entreprises de plus de 1000 salariés pour la gestion de la mobilité interne.

Des annuaires seront ajoutés au service actuel dans quelques semaines pour vous permettre de référencer votre CV 2.0 dans différentes catégories d’annuaires spécialisés.

Pour voir un exemple de CV 2.0, visitez www.mycv20.com !

4. Pour terminer ce panorama, voici une présentation groupée de 4 services : iKarma, Rapleaf, TrustPlus et Gorb. Ces services s’inspirent du système de gestion de la réputation d’eBay. Vous trouverez dans un billet antérieur une présentation du mode de fonctionnement de ses services (Lire ce billet) :

Ce billet vous permettra d’évaluer la pertinence de ces outils pour la gestion de votre réputation en tant que professionnel. Si vous n’avez pas le courage ou le temps de lire ce billet, voici un résumé en quelques mots :

iKarma, Rapleaf, TrustPlus et Gorb sont pertinents pour évaluer votre réputation en tant que vendeur ou acheteur. Mais, ils sont inadaptés, voire dangereux, pour l’évaluation de votre réputation professionnelle. En effet, ils autorisent des témoignages neutres ou négatifs sur votre profil et certains autorisent même les contributions anonymes. Vous prenez donc le risque à moyen terme de détruire votre réputation professionnelle.

III. Comment choisir ?

Si le choix d’un service n’est pas évident pour vous, si vous avez du mal à évaluer vos besoins, voici quelques questions pour vous stimuler :

– Compte tenu de ma disponibilité et de mes projets professionnels, faut-il utiliser un réseau social professionnel (un service « tout en un », c’est-à-dire contacts + références) pour gagner du temps ou un service spécialisé en plus ?

– Est-ce que le service qui a ma préférence répond à mes besoins immédiats et futurs ?

– Le service est-il disponible dans ma langue maternelle ou dans celle de mes visiteurs (recruteur, prospect, références,…) ? S’agit-il d’un service local ou international ?

– Est-ce que de la publicité sur le profil affichant mes références est acceptable pour mes visiteurs ? Par exemple, si vous postulez pour un emploi chez Peugeot et que votre profil affiche une publicité pour Toyota.

– Est-ce que le service impose à mes visiteurs de s’inscrire pour voir mes références et leurs recommandations ? Faut-il s’inscrire pour pouvoir me contacter ?

– Est-il possible d’exporter ou de rendre accessible facilement mes références sur d’autres sites ou sur un support papier ? En d’autres termes, est-il possible de montrer mes recommandations Linkedin sur Viadeo ou celles de Viadeo sur Ecademy ?

– Est-ce que le design de mon profil en ligne est en cohérence avec les exigences ou les attentes de mes visiteurs ? (ergonomie, charte graphique,…)

Nous sommes tous uniques et votre choix le sera aussi ! N’hésitez pas à partager vos avis ou vos découvertes dans les commentaires. Votre opinion, accompagnée si possible de vos arguments, fera avancer le débat et progresser tous ces services 😉

Billet sur le thème de la réputation professionnelle sur Internet en 3 parties, vous lisez la partie 3 – Partie 1Partie 2

Identité personnelle Vs Réputation professionnelle

Sur Internet, il est important de protéger son identité personnelle et de promouvoir sa réputation professionnelle.

I. Pourquoi faut-il protéger votre identité personnelle ?

Votre identité personnelle n’est pas uniquement composée de votre prénom et de votre nom. Elle concerne aussi les informations suivantes :

– Adresse privée
– Date de naissance
– Téléphone privé
– E-mail personnel
– Identifiant / Mot de passe
– Numéro de sécurité sociale / assurance sociale
– Nom de jeune fille
– Identifiant pour les impôts
– Numéro de permis de conduire
– Numéro de carte de crédit
-…

Grâce aux moteurs de recherche, il est très facile d’agréger les données qui sont dispersées sur plusieurs sites. Certaines informations sont disponibles sur votre profil public Plaxo, Myspace, Facebook ou Linkedin,… On peut trouver votre date de naissance ou vos coordonnées sur les réseaux sociaux, mais aussi sur des services comme Skype par exemple.

Or, l’agrégation de vos données personnelles est une porte ouverte au vol d’identité. Un crime en pleine expansion en France et qui touche déjà des millions d’Américains et de Canadiens chaque année. Avec des informations comme votre nom, votre adresse et votre date de naissance, voici ce qu’il est possible de faire dans certains pays :
– Ouvrir un compte bancaire à votre nom pour contracter des emprunts, faire des chèques sans provision, demander des cartes de crédit
– Acheter des véhicules, voyager, …
– Ouvrir des lignes téléphoniques
– Créer de faux papiers d’identité ou des passeports
– Organiser un mariage blanc en votre nom
– …

Grâce aux informations disponibles sur votre identité personnelle, on peut aussi essayer de deviner votre mot de passe ou trouver des réponses aux questions secrètes qui servent à sécuriser l’accès aux sites bancaires ou administratifs.

Nul besoin de pirater votre ordinateur. Tout cela est possible en regroupant les informations que vous avez rendues publiques sur différents services en ligne ou qui ont été rendues publiques par d’autres.

Voici un extrait d’un article du Figaro pour illustrer :
“Subtiliser l’identité d’un tiers peut se révéler d’une facilité enfantine. Il suffit de connaître le nom, la date de naissance et la localité de naissance. Des informations qui peuvent être récupérées notamment dans les boîtes aux lettres. «Ensuite, le fraudeur va faire une demande par courrier à la mairie de naissance de la victime pour obtenir un acte de naissance authentique, indique Vincent Lafon, responsable du Bureau de la fraude documentaire de la Police aux frontières, la plupart des mairies ne demandent pas plus de détails». Une fois ce document en main, le contrevenant déclare la perte où le vol de l’ensemble de ses papiers dans un commissariat de police. Muni de l’acte de naissance, la déclaration de vol et quelques factures d’EDF falsifiées, il lui sera facile d’obtenir passeport, permis et carte d’identité… avec la photo de son choix. Cette opération peut alors être reproduite dans plusieurs préfectures.”

Pour protéger votre identité personnelle, voici 2 règles très simples :

Règle 1 : Ne mettez pas votre adresse personnelle sur des profils publics. Quelqu’un pourrait ensuite vous rendre visite à votre domicile pour fouiller vos poubelles ou votre boite aux lettres afin d’obtenir les informations qui lui manquent pour voler votre identité. Par contre, vous pouvez donner votre adresse dans le cadre de transactions privées et sécurisées, par exemple pour une livraison via un site de e-commerce.

Règle 2 : Ne mettez pas votre date de naissance sur Internet. Certains services permettent de masquer votre date de naissance sur votre profil public ou de définir qui peut y avoir accès. Mais, il existe toujours un risque de piratage des bases de données ou de votre identifiant / mot de passe. Certains services rendent obligatoire le champ “date de naissance” pour interdire l’accès aux mineurs ou pour permettre à vos amis de vous souhaiter un joyeux anniversaire. Mais en fait, votre date de naissance est surtout intéressante pour pouvoir vous envoyer des publicités ciblées en fonction de votre âge. Si le champ date de naissance est obligatoire, indiquez une date de naissance bidon type 1 janvier 1910 pour être sûr que vos amis comprennent que ce n’est pas votre anniversaire !!! De toute façon, vos VRAIS amis connaissent votre vraie date de naissance 😉

Protéger votre identité personnelle sur Internet, c’est simplement faire preuve de bon sens… numérique !

II. L’indispensable promotion de votre réputation professionnelle

S’il faut dissimuler votre date de naissance et votre adresse, il est par contre important qu’on trouve vos prénom et nom dans les résultats d’une requête dans un moteur de recherche. Mais, après avoir lu la première partie de ce billet, tétanisé par la peur du vol d’identité, vous pourriez être tenté par l’anonymat total, l’invisibilité absolue :
– Absence de profil ou biographie en ligne indiquant vos compétences ou des éléments de votre parcours professionnel
– Utilisation d’un pseudonyme pour participer à des forums, des blogs ou réseaux.

Si c’est votre choix, alors essayez de répondre à ces questions : Comment réagira un recruteur qui ne trouve aucune information sur vous ? Vos homonymes (même prénom et nom que vous) occupent l’espace que vous avez laissé vide, quelles en seront les conséquences pour vous ? Comment sera interprétée votre invisibilité par votre entourage social ou professionnel ?

Tout comme dans la vie, nous avons dans notre vie numérique une sphère personnelle et une sphère professionnelle. Dans nos activités personnelles, il peut être utile d’être anonyme. Ecrire anonymement permet par exemple de s’exprimer librement sur des questions sensibles : politique, religion,… L’anonymat permet aussi de dissimuler son identité lorsqu’on utilise des sites de rencontres ou simplement pour cultiver son jardin secret.

Mais, à moins d’être retraité, d’avoir la sécurité de l’emploi à vie (fonctionnaires,…) ou d’exercer un métier dans lequel votre réputation n’est pas un enjeu, il est indispensable d’avoir une réputation numérique professionnelle. La porte d’entrée principale vers votre réputation est “Votre prénom + Votre nom” visible dans les résultats des moteurs de recherche.

Le pire qui puisse vous arriver n’est pas de laisser des traces négatives pour votre réputation à travers un blog ou un forum. Le pire serait qu’on ne trouve aucune trace de vous, que vous n’ayez pas de réputation numérique. 77% des recruteurs américains effectuent des recherches en ligne sur les candidats. Les recruteurs français y viendront tôt ou tard. 7% de toutes les requêtes effectuées sur les moteurs de recherche se font sur le nom d’une personne.

Cette absence de réputation numérique professionnelle pourrait être interprétée de la manière suivante:

– Manque de transparence
– Refus de partager l’information
– Personne qui n’a rien à dire
– Technophobe
– Aversion pour le risque

Bien sûr, un recruteur pourrait ne pas faire cette interprétation et considérer simplement votre invisibilité sur Internet comme neutre, sans importance, insignifiante. Mais si vous êtes le seul à être invisible sur 10 candidats, comment réagira-t-il ? Que feriez-vous à sa place ? On entre dans le domaine de la gestion des risques.

Votre réputation professionnelle sur Internet renvoie indirectement une image de marque : sens du risque, esprit d’initiative, capacité à partager l’information, à exprimer des idées ou à utiliser les technologies de l’information qui sont aujourd’hui au coeur de la performance des organisations. Entre un candidat dont on peut évaluer facilement la réputation professionnelle et un autre pour lequel c’est plus difficile, un jour viendra où le choix sera vite fait. Promouvoir sa réputation numérique professionnelle est donc utile pour :
– chercher un emploi, se faire connaître
– proposer des services (consultants, freelance,…)
– valoriser son expertise
– booster sa carrière
– construire et promouvoir votre image de marque (Personal Branding)

Par ailleurs, vous avez peut-être des homonymes. En devenant invisible sur Internet, vous laissez vos homonymes occuper l’espace que vous avez laissé vide. Un consultant énervé de voir ses clients lui demander depuis quand il faisait de la poterie, a fini par découvrir sur Google un homonyme expert en … poterie. Rien de bien grave, plutôt amusant comme exemple mais si votre homonyme est lui-même consultant et qu’il intervient dans le même domaine que vous alors il y a un gros risque que sa réputation devienne la vôtre !

Notre vie numérique est faite de dangers et d’opportunités comme dans notre vraie vie ! Ni plus, ni moins. Internet est un espace qui impose un code de conduite pour éviter le vol d’identité. C’est aussi un espace qui permet aux professionnels de sortir de l’anonymat et de se différencier efficacement.

Pour aller plus loin sur la question du vol d’identité, voici quelques lectures complémentaires par ordre de pertinence :

Un site gouvernemental : Quelles sont les informations que les voleurs d’identité cherchent et comment ils obtiennent ces informations ?

L’usurpation d’identité (Wikipedia) – Un article sous forme de guide pratique qui explique les techniques de vol d’identité.

L’ABC du vol d’identité (source canadienne gouvernementale)

Identity Theft Resource Center : une ONG spécialisée sur la compréhension et la prévention du vol d’identité

Construire votre réseau de références (2/3)

Billet sur le thème de la réputation professionnelle sur Internet en 3 parties, vous lisez la partie 2 – Partie 1Partie 3

Je terminais mon précédent billet en indiquant que vos références professionnelles étaient un atout non seulement dans le cadre d’une recherche d’emploi, mais surtout dans le cadre de votre carrière.

J’espère que ce billet vous aidera à prendre conscience de l’utilité de transformer vos références en un véritable réseau : un réseau de références.

Un réseau de références est très différent de votre réseau de contacts. Il est donc important de construire 2 réseaux :

1. Votre réseau de contacts

Il s’agit de votre carnet d’adresses : toutes les personnes avec qui vous avez été en contact au moins une fois en face à face ou en virtuel. Ce réseau vous permettra de retrouver vos références et d’obtenir des mises en relation pour trouver un emploi, des clients, des experts ou des partenaires.

2. Votre réseau de références

Il s’agit de votre réseau de références sociales et professionnelles, qu’on pourrait aussi appeler votre réseau de confiance. Ce réseau vous aidera pour booster votre carrière au sein de l’entreprise dans laquelle vous travaillez actuellement, mais aussi bien sûr pour une future recherche d’emploi.

Il est facile de comprendre ce qu’est un réseau de contacts. Par contre, un réseau de confiance regroupant vos références, c’est moins évident !

I. Qu’est-ce qu’un réseau de références ?

Tout au long de notre vie, nous vivons et travaillons avec de nombreuses personnes avec qui nous construisons des relations de confiance. Du fait de notre mobilité (changement de ville, de pays, de travail,….), notre entourage se recompose régulièrement. Lorsqu’on rencontre une nouvelle personne, que ce soit un voisin, un collègue ou son nouveau manager, on repart à zéro en termes de confiance mutuelle. Il faudra plusieurs mois ou plusieurs années pour recréer ses liens de confiance. Aujourd’hui, nos relations de confiance sont donc implicites car il n’existe pas d’espace pour les décrire explicitement. Elles sont invisibles car seule la personne qui nous fait confiance sait qu’elle nous fait confiance. Il est donc nécessaire d’expliciter et de rendre visible la confiance qu’on vous porte.

La preuve de l’efficacité des réseaux sociaux n’est plus à faire. Vous appartenez à de nombreux réseaux sociaux à travers votre famille, vos amis, vos anciens camarades d’école, vos anciens collègues d’entreprise ou vos relations associatives (politique, culturelle, sportive, religieuse,…). Mais vous avez aussi un réseau bien plus important que les autres. Il s’agit de votre réseau de références qui est transversal à tous ces réseaux et qui est constitué de l’ensemble de vos références sociales et professionnelles. Ce réseau est informel et invisible, mais il existe ! Il est donc nécessaire de le rendre visible à travers des recommandations, afin de le faire connaître aux personnes dont vous avez besoin pour booster votre vie professionnelle (prospects, recruteurs, managers,…).

Toutes les personnes que vous connaissez peuvent potentiellement faire partie de votre réseau de références. Il s’agit de vos managers, vos collaborateurs, vos collègues, vos clients, fournisseurs ou partenaires. Vous pouvez également inclure vos professeurs si vous êtes jeunes diplômés ainsi que toutes vos références sociales (amis, associations/réseaux, lecteurs de votre blog,…).

Vos références sociales sont toutes les personnes de votre entourage qui peuvent apporter un éclairage sur vos qualités humaines, vos valeurs ou votre expertise dans un cadre social. Cet éclairage peut avoir une grande valeur ajoutée dans un cadre professionnel. Vos références sociales ont pour vocation de montrer des facettes de votre potentiel qui n’ont pas forcément pu s’exprimer dans votre parcours professionnel. Par exemple : votre créativité, vos expertises cachées, vos qualités de leaders au sein d’une équipe de sport, vos talents artistiques, … Ces éléments sont souvent invisibles ou perdus dans la rubrique “Divers” de votre CV. Ils ne sont pas mis en valeur. Il est temps de les remettre à l’honneur ! On vous enferme dans une voie qui ne vous convient plus, utilisez votre réseau de références sociales pour en sortir.

II. Qui peut faire partie de mon réseau de références ?

Reprenez votre CV pour vous aider à identifier les personnes qui peuvent faire partie de votre réseau de références.

– Pour chaque fonction occupée au sein d’une organisation, identifier toutes les personnes qui peuvent potentiellement faire partie de votre réseau : vos managers, vos collaborateurs, vos collègues, vos clients, fournisseurs ou partenaires.

– Pour chaque activité extra-professionnelle, au sein d’une association par exemple, identifier les personnes qui peuvent apporter un éclairage sur vos compétences ou qualités humaines, ainsi que sur la façon dont vous avez exercé vos fonctions (en particulier au sein d’une association).

Vous avez perdu vos références ? Facile de trouver ceux qui travaillent encore avec vous, mais quid de ceux qui ne travaillent plus avec vous ? Vous postulez pour un poste que vous avez déjà occupé dans le passé, mais impossible de contacter ce manager qui pourrait si bien soutenir votre candidature avec une recommandation. Votre manager actuel n’est pas en mesure de vous évaluer sur ce type de poste, vous êtes coincé.

Faites-vous partie de tous ces professionnels qui perdent leurs références avec le temps ? Si c’est le cas, il est temps de réagir !

Pour retrouver vos références, voici quelques pistes :

– Les moteurs de recherche ou annuaires de personnes : CV 2.0, Spock, Ziki, Ziggs, Zoominfo, Wink, Yoname ou Naymz.

– Les réseaux sociaux : Facebook, Copainsdavant, Viadeo, Linkedin, 6nergies, Tribe ou Ecademy

– Les annuaires classiques type pages blanches, mais peu efficace si vous ne connaissez pas au moins la ville de résidence actuelle.

– Les moteurs généralistes type Google : tapez le « prénom nom » de la personne que vous cherchez entre guillemets. S’il a trop de résultats, ajoutez des éléments distinctifs dans votre requête : école, entreprise,… Pour trouver son e-mail, tapez le « prénom nom mail » ou « prénom nom @ » (cela permet d’afficher uniquement les pages sur lesquelles figurent des e-mails).

En théorie, tout votre entourage professionnel peut faire partie de votre réseau de références. Mais, vous n’avez pas confiance en tout le monde et inversement. Il est donc nécessaire de définir une sphère de confiance !

III. Savoir définir une sphère de confiance, un contexte de confiance

Je reprends ici un extrait de mon billet sur la vie numérique : Vous pouvez avoir confiance dans une personne pour faire certaines choses, mais pas pour d’autres. Un pilote de Formule 1 est a priori une personne digne de confiance pour piloter une voiture de course. Mais est-ce que vous lui proposeriez de construire votre maison ? Une personne n’est pas digne de confiance dans l’absolu, mais dans un contexte. Pour chaque personne de votre réseau de références, vous devez définir un “contexte de confiance” (une “sphère de confiance”) sur les fonctions occupées, les compétences vérifiées et les qualités humaines observées. Dire que vous avez confiance dans une personne, c’est préciser le contexte dans lequel vous avez confiance en elle.
Par exemple, voici comment Jacques pourrait définir un contexte de confiance vis-à-vis de son collègue Martin (ce qui est dans la sphère de confiance et ce qui est à l’extérieur) :

– Jacques a confiance en Martin pour le management d’une équipe, le marketing et pour sa créativité (fonctions, compétences, qualités humaines à l’intérieur de la sphère de confiance de Jacques concernant Martin)

– Jacques ne sait pas s’il peut avoir confiance en Martin pour gérer un projet, la maintenance des systèmes informatiques et sa fidélité envers l’entreprise (à l’extérieur de la sphère de confiance de Jacques)

– Jacques n’a pas confiance en Martin pour la gestion de l’innovation, la comptabilité et sa ponctualité (à l’extérieur de la sphère de confiance de Jacques)

En résumé :
Mon réseau de références ou réseau de confiance = Ceux en qui j’ai confiance et qui ont confiance en moi (confiance mutuelle).
A l’intérieur de ce réseau, pour chaque personne, une sphère de confiance est définie. Cette sphère de confiance peut inclure des fonctions, expertises, compétences et qualités humaines. Il s’agit des éléments sur lesquels vous accordez votre confiance à une personne de votre réseau. Ces éléments seront décrits à travers les recommandations de vos références, soit orales (lors d’interviews avec des recruteurs) ou écrites (lettres de recommandation). A l’inverse, à l’extérieur de la sphère de confiance, vous n’êtes pas à l’aise pour dire que vous avez confiance dans cette personne.

De nombreux outils existent sur Internet pour construire vos réseaux (contacts et références). Internet est un réseau et les réseaux sociaux en sont un prolongement naturel. Dans le prochain billet, je vous présenterai les outils généralistes (Linkedin, Viadeo, 6nergies,…) et les outils spécialisés dans la gestion de vos références et de vos recommandations (CV 2.0, Repvine, Naymz,…). A suivre !

Billet sur le thème de la réputation professionnelle sur Internet en 3 parties, vous lisez la partie 2 – Partie 1Partie 3

Comment gérer votre réputation en tant que professionnel ? (1/3)

Billet sur le thème de la réputation professionnelle sur Internet en 3 parties, vous lisez la partie 1 – Partie 2Partie 3

Les systèmes de gestion de la réputation propres à chaque site de e-commerce (eBay, PriceMinister,…) aident les vendeurs et les acheteurs à mieux se faire reconnaître en tant que « bon vendeur » (qui livre dans les délais le produit commandé) ou « bon acheteur » (qui paye ce qu’il a commandé).

Les freelances disposent de nombreux sites spécialisés pour les mettre en relation avec des clients. Par exemple, sur Odesk, espace dédié aux informaticiens, chaque mission est évaluée sur plusieurs dimensions avec un système d’étoiles (1 à 5). Cela permet une évaluation de la réputation des freelances.

Mais, en dehors de ces cas particuliers, comment évaluer la réputation d’un professionnel ?

Depuis bien longtemps, les recruteurs et employeurs évaluent la réputation d’un professionnel à partir de ses références et de leurs recommandations (orales ou écrites du type lettre de recommandation)

Après un entretien, ces 2 éléments permettent à un recruteur de valider son ressenti vis-à-vis d’un candidat et d’approfondir des aspects du parcours ou de la personnalité du candidat. Ils donnent des indications précieuses sur sa réputation.

En tant que professionnel, il est donc très important de gérer efficacement et activement vos références tout au long de votre carrière, et pas uniquement quand vous cherchez un emploi. L’enjeu est de vous construire une réputation professionnelle durable.

I. Qui sont vos références ?

La plupart des pays privilégient les références professionnelles, mais dans les pays anglo-saxons, on s’intéressera également à vos références sociales.

Vous pouvez choisir vos références professionnelles en fonction du poste à pourvoir parmi vos anciens managers, collègues, collaborateurs, clients, fournisseurs ou partenaires. Si vous débutez votre vie professionnelle, ou si vous êtes étudiant, vous pouvez solliciter vos anciens professeurs.

Si vous proposez des références sociales, vous pouvez choisir des amis ou des personnes de votre réseau social ou associatif mais surtout pas de votre famille (aucune crédibilité !). Il faut cependant savoir que certains recruteurs n’accordent aucune importance aux amis, voisins ou parents, quel que soit le pays.

Un réseau se crée quand tout va bien. Quand tout va mal, c’est un peu tard. Si vous restez dans votre coin, le jour où vous aurez un problème, il sera trop tard pour chercher de l’aide. Pour vos références, c’est la même chose, il vaut mieux penser à capitaliser sur vos références quand tout va bien plutôt que lorsque vous vous retrouvez au chômage. Connaissez-vous la différence entre un perdant et un gagnant ? Un perdant a un plan pour le cas où ça irait bien. Un gagnant a un plan pour le cas où ça irait mal. Une fois au chômage, en quelques mois, vous pourriez perdre la trace des personnes avec qui vous avez travaillé.

Outre le licenciement, les bruits de couloir peuvent aussi détruire votre carrière. Il est donc important de solliciter à chaque fois que c’est possible les références, qui mettront en valeur vos qualités et compétences professionnelles pour défendre votre réputation si nécessaire.

En résumé, vos références sont toutes les personnes de votre entourage professionnel et social, qui sont susceptibles de faire partie de votre réseau de références. Ce réseau vous aidera à montrer que vous êtes digne de confiance ou à défendre votre réputation. Dans le prochain billet, nous verrons comment construire et gérer votre réseau de références (ou réseau de confiance).

II. Comment travaillent les recruteurs ?

Pour un recruteur, appeler des références, c’est essayer de percevoir le candidat en action vu par d’autres (principe du 360° feed-back).

A. Comment le recruteur sélectionne vos références ?

En général, un recruteur demandera au candidat de lui fournir trois références, par exemple deux anciens managers et une personne au choix du candidat (le candidat devra justifier son choix).

En fonction des profils et du poste à pourvoir, le recruteur essaye d’obtenir des renseignements de différentes personnes, qui ont connu le candidat à différentes étapes de sa carrière et dans des postes et des rôles différents. L’objectif est d’obtenir des informations venant des hiérarchiques (n+1), des collègues (n), des collaborateurs (n-1), de fournisseurs et de clients.

Les recruteurs considèrent souvent les anciens managers comme prioritaires car ils sont a priori les plus aptes à apprécier les niveaux n-1 et à repérer des potentiels. C’est moins pertinent venant des collègues ou des clients qui n’ont pas une vue globale.

D’une manière générale, le recruteur va chercher à :

1 – Valider l’ancienne performance du candidat : résultats obtenus, optimisation des ressources disponibles, vision stratégique, compétences, expertise, etc… Il veut vérifier si le poste est adéquat ou si l’évolution envisagée pourra être assumée par le candidat.

2 – Evaluer la personnalité du candidat : fiabilité, rapidité, efficacité, relationnel, éthique, ambition, potentiel, autonomie, créativité, rigueur, capacité d’adaptation, capacité à travailler en équipe, fibre commerciale, etc…

B. Comment se déroule l’entretien entre le recruteur et la référence ?

Le recruteur va contacter vos références le plus souvent par téléphone.

1. Le recruteur veut s’assurer que votre référence (son interlocuteur) est fiable. Il analyse donc la façon dont il répond aux questions, sa compréhension du sujet, sa spontanéité, ses silences et, surtout, la qualité de l’information qu’il donne. L’objectif est de pouvoir dire si votre référence est sincère ou si elle cache quelque chose. Le recruteur contrôle donc la sincérité des propos.
En cas de non concordance entre les informations fournies par les différentes personnes interrogées, le recruteur approfondira sa recherche.

2. L’entretien commence souvent par l’évocation de la situation de collaboration entre la référence et le candidat : les circonstances, les fonctions occupées, les types de projets, la durée de la collaboration et sa régularité.

Les questions classiques concernent :

– Forces – Faiblesses ou Qualités – Défauts
– Réalisations – Echecs
– Comportement en équipe, comportement face au client
– Mode de management
– Réaction en cas de stress

Mais aussi des questions du type :
– Si vous deviez donner un conseil à X pour développer ses compétences ou se perfectionner, quel serait-il ?
– Quel conseil donneriez-vous à son futur patron pour qu’il puisse valoriser pleinement les talents et le potentiel de X ?
– Avez-vous le sentiment que X a le potentiel pour évoluer plus avant dans sa carrière ?
– Si je parlais à vos collègues concernant X, est-ce qu’ils me diraient la même chose que vous à son sujet ? Qui me donnerait des informations différentes et pourquoi ?
– (Après une description du poste pour lequel X postule) A votre avis, X serait-il un bon candidat ? Y aurait-il des points à surveiller, à améliorer ?
Et enfin une question typique : Seriez-vous disposer à le réembaucher ? Les bémols, le ton, les hésitations sont prises en compte !

3. Certains recruteurs font vérifier les antécédents du candidat par des firmes spécialisées : diplômes universitaires, dettes ou dossiers judiciaires. Voir par exemple : http://www.verifdiploma.com/

En résumé, voici les points clés :
– Le candidat a-t-il dit la vérité ?
– Les informations obtenues des différentes références sont-elles concordantes ?
– Les informations obtenues des références confirment-t-elles les impressions des entrevues ?

Les recruteurs valident ainsi que ce qu’ils ont perçu du candidat en entretien n’est pas un leurre. Il y a des manipulateurs ! Ils engagent leur crédibilité et leur réputation vis-à-vis des futurs employeurs.

III. Comment vous préparer ?

Il est important d’anticiper la demande des recruteurs concernant vos références même si vous ne cherchez pas de travail (cf. différence entre un perdant et un gagnant !). Il est donc utile de lister dès maintenant l’ensemble des personnes susceptibles d’apporter un éclairage pertinent sur votre profil (plus de détails pratiques dans le prochain billet).

Si vous cherchez du travail actuellement, vous pouvez faire lire ce billet à votre référence pour la préparer à l’entretien ! L’objectif est de lui permettre d’être précis et authentique dans ses réponses.

Si vous savez qu’une de vos références donnera un feed-back négatif sur certains aspects de votre collaboration, il vaut mieux anticiper et donner votre version des faits. D’une manière générale, plus vous êtes transparent vis-à-vis du recruteur, plus vous le mettez en confiance.

Il se peut aussi que votre référence ne soit pas très positive sur vous parce qu’elle n’a pas du tout apprécié que vous quittiez l’organisation. Elle peut indirectement se venger ! Il est donc utile de donner le contexte de votre départ au recruteur.

Si vous mentez sur un aspect de votre CV, c’est la crédibilité de tout votre CV qui s’effondrera. De nombreux CV sont truqués, des candidats mentent, leurs références aussi, c’est terriblement humain… mais ce n’est pas une manière efficace de se construire une bonne réputation dans la durée ! Grâce aux moteurs de recherche de personnes, à Google, aux réseaux sociaux, aux outils dédiés à la gestion de la réputation numérique, Internet va très bientôt rendre beaucoup plus facile la traque des fraudeurs. Si vous en faites partie, il est urgent d’agir …

IV. Vos références : un atout pour demain, pour aujourd’hui et pour toujours !

Beaucoup de professionnels sont confrontés à 2 problèmes majeurs : la perte de leurs références et l’utilisation des références en mode pompier (quand tout va mal).

Comment perdre vos références ?

Les références sont au cœur de votre réputation professionnelle. Plus vous en avez, mieux c’est. Cependant, vous perdez régulièrement vos références : perte des coordonnées, départ à la retraite,…

Vous perdez vos références d’autant plus vite :
– au fur et à mesure de votre mobilité professionnelle (changement d’entité, de fonction,…)
– au fur et à mesure de votre mobilité géographique (pays, région,…)

Comment valoriser vos références dès maintenant ?

Pourquoi faire appel à vos références uniquement pour une recherche d’emploi ? Vos références pourraient vous aider à obtenir une promotion, une augmentation de salaire ou un nouveau poste !

Vos références sont au cœur de ce qu’on pourrait appeler votre réseau de confiance. Que faites-vous pour gérer votre réseau de confiance ? Pas grand chose ? Alors lisez le prochain billet 😉

Billet sur le thème de la réputation professionnelle sur Internet en 3 parties, vous lisez la partie 1 – Partie 2Partie 3

Ce billet a été écrit grâce aux contributions de : Guy Djandji – Béatrice Sevat (CRM Web Manager, groupe DANONE) – Alexandra Thusy – Jean-Michel Putto (président de GN conseil en développement stratégique) – Valentine Baud & Florent Lafarge

Comment créer et gérer votre “marque personnelle” sur Internet ? (Personal Branding Numérique)

La sécurité de l’emploi, le temps où on pouvait faire toute sa carrière dans la même entreprise appartient à l’histoire pour la plupart d’entre nous. Il est maintenant nécessaire de gérer sa carrière d’une autre manière. La plupart des entreprises ont un service marketing pour vendre leurs produits ou services : stratégie de marque, emballage, prix, slogan, publicité,… Chaque individu dispose de son côté d’un CV et de références professionnelles pour vendre sur le marché du travail ce qu’il est capable de faire. Mais ce n’est plus suffisant.

L’objectif de ce billet est de vous aider à structurer la manière dont vous souhaitez vous faire connaître pour booster votre carrière professionnelle. Il s’agit de se mettre dans une logique de marketing personnel pour construire sa marque personnelle. Ce concept est très développé aux Etats-Unis depuis 10 ans sous le terme de « Personal Branding » qu’on peut traduire par « marque personnelle ». Peter Montoya et William Arruda en sont les principaux concepteurs.

I. Qu’est-ce que le Personal Branding ?

Le Personal Branding permet de construire et promouvoir votre marque personnelle. Qu’on soit un employé, un consultant ou un entrepreneur, nous avons une image de marque. Elle est aussi importante que celle d’une entreprise. Elle nous permet de gérer notre carrière et de mieux réfléchir à la stratégie que nous voulons mettre en œuvre pour réaliser nos projets. Le Personal Branding est encore aujourd’hui réservé à une élite de dirigeants ou de consultants ayant les moyens de se payer un coach personnel ou de participer à des formations onéreuses. Mais le développement de nouveaux services sur Internet permet aujourd’hui de démocratiser l’accès au Personal Branding. En fait, cela va bien plus loin. Internet fait du Personal Branding un enjeu non seulement pour les dirigeants, mais aussi pour chacun de nous. Avant il fallait un article dans la presse pour être connu. Avec Internet, il n’y a plus d’inconnus. Inutile de débrancher votre ordinateur, inutile de résilier votre abonnement à Internet, il suffit que votre voisin, votre collègue ou un ami publie des informations ou son opinion sur vous et vous ne serez plus un inconnu. Internet est une place publique mondiale sur laquelle va se construire votre image de marque. Bienvenue dans le monde merveilleux du « User-generated content » ! Rassurez-vous, ce contenu produit par votre entourage sera probablement positif. Mais il y a le “positif” qui vous correspond et celui qui ne vous correspond pas.

Vous avez des valeurs, des qualités humaines et des talents. Il est important de savoir les communiquer efficacement avec ceux qui auront un impact sur votre développement personnel et professionnel. Recruteurs, employeurs, acheteurs, décideurs sont assaillis de demandes; il est nécessaire de montrer votre valeur ajoutée.

Vos références professionnelles et sociales (managers, collègues, clients, partenaires, amis, …) sont l’outil marketing le plus important dont vous disposez. Ce qu’ils disent de vous et de votre travail est ce que l’on retiendra. Votre réseau de références est donc une des clés les plus importantes de votre « Personal Branding ».

Voici les 8 lois du « Personal Branding » d’après Peter Montoya (cf. références en fin de billet) :

1. Pour bâtir une marque personnelle efficace, elle doit être précise. Vous devez communiquer sur un seul axe : une force, un talent ou une réalisation personnelle. On pourrait parler de cœur de métier. Celui qui sait tout faire … ne sait rien faire… Autrement dit, “Il vaut mieux exceller en une chose que d’être médiocre en plusieurs.” Pline le Jeune

2. Votre marque personnelle ne doit pas seulement être connue. Elle doit surtout être reconnue par vos pairs et votre entourage (vos références professionnelles et sociales). C’est la dimension réputation de votre marque personnelle.

3. Votre marque personnelle doit être sincère et authentique. Elle montre que vous êtes bon et non que vous êtes parfait !

4. Si vous n’êtes pas différents, vous êtes comme tout le monde et vous resterez donc dans la masse. Vous devez montrer votre différence par rapport aux autres.

5. Vous devez être plus visible que les autres. Plus votre cercle d’influence augmente, plus vous devenez crédible (réseaux sociaux, networking,…).

6. Il ne doit pas y avoir de décalage entre ce que vous dites et ce que vous faites, que ce soit dans la sphère publique ou privée. Dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit (principe de congruence).

7. Une marque personnelle prend du temps pour s’établir, pour être connue. Il faut être patient.

8. Pour obtenir de meilleurs résultats, votre marque doit être associée à une valeur ou une idée universellement reconnue comme positive et intéressante.

On ne choisit pas d’avoir une marque personnelle. Tout le monde en a une : positive, neutre ou négative. Grâce ou à cause d’Internet selon le point de vue, elle deviendra tôt ou tard publique et accessible mondialement. Si vous ne définissez pas votre marque personnelle, ce sont les autres qui la définiront pour vous et il y a des risques qu’elle ne vous corresponde pas.

Le Personal Branding peut se résumer ainsi : mieux vous connaître (auto-évaluation ou évaluation à 360° par votre entourage) afin de mieux vous faire connaître (à travers des méthodes et des outils – annuaires, réseaux sociaux, networking,…). Nous allons maintenant approfondir ces 2 points.

II. Comment mieux vous connaître ?

Mieux se connaître pour mieux se faire connaître ! Cette partie ne remplacera malheureusement pas l’action d’un coach professionnel ou d’un ami ayant quelques aptitudes au coaching. Il est en effet très difficile de réfléchir sur soi et de prendre du recul tout seul dans son coin. Le coaching, c’est l’art d’aider l’autre à réfléchir sur lui-même. Le coach pose des questions et aide le coaché à trouver ses propres réponses (il ne donne pas de conseils car ce n’est pas un consultant). Mais si vous n’avez ni le temps, ni les moyens de vous faire accompagner dans votre démarche, vous trouverez quelques pistes dans ce qui suit.

Voici les questions à vous poser pour vous auto-coacher, pour prendre autant que possible du recul :

A. Qui êtes-vous ?

Il s’agit de déterminer votre mission, votre vision de l’avenir, d’établir vos objectifs pour pouvoir ensuite bâtir un plan d’action.

Quels sont vos forces ? Quelles sont vos valeurs ? Vos passions ? Vos buts ? Quel est votre personnalité ? Qu’avez-vous à offrir ?

Pour essayer de répondre à ces questions, vous pouvez vous appuyer sur le bilan de vos entretiens annuels avec votre manager. Etant donné qu’il est très difficile d’être lucide sur soi-même, vous pourriez aussi solliciter votre entourage proche pour qu’il vous aide à répondre à ces questions. Lister des questions vous concernant et essayez d’obtenir des réponses, soit dans des rencontres face à face aussi conviviales que possible, soit en envoyant votre questionnaire par e-mail (un appel téléphonique ne sera pas de trop pour obtenir l’accord de l’intéressé et l’engagement de vous répondre).

B. Qui sont vos concurrents ? Quelle est votre valeur ajoutée ?

A qui souhaitez-vous vous adresser ? Qui sont vos pairs ? Vos compétiteurs ? Qui doit vous connaître pour que vous puissiez atteindre vos objectifs ?

Il s’agit d’analyser votre environnement, de déterminer ce qui vous différencie des autres et de définir votre valeur ajoutée. Qu’est-ce qui fait votre singularité ? Comment allez-vous communiquer sur votre singularité ?

Il est important de confronter votre propre perception à la perception de votre entourage. Vous en sortirez avec un plan d’action pour progresser sur certaines compétences techniques ou comportementales, et/ou un plan de communication pour mettre en avant les éléments sur lesquelles on ne vous fait pas vraiment confiance alors qu’on devrait avoir confiance en vous.

Votre marque personnelle, comme n’importe quelle marque, se définit par la perception des autres. Au sein de votre réseau, votre objectif doit être de rechercher du feed-back sur vous pour dresser un auto-portrait aussi précis que possible.

III. Comment mieux vous faire connaître ?

Des millions de recherches sur des personnes sont effectuées en ligne chaque jour dans les moteurs de recherche. Les gens cherchent des informations sur leurs collègues, de nouveaux clients, des amis, … . 47 % des adultes américains (contre 22 % en 2002) ont déjà vérifié ce qui se disait d’eux sur le réseau. 53 % d’entre eux admettent aussi se renseigner sur leurs collègues de bureau, leurs voisins ou leurs futur(e)s conjoint(e)s. Source 01Net

Il sera bientôt possible d’affirmer que si Google ne vous connaît pas, vous n’existez pas ! Bâtir votre identité et votre réputation numérique est un élément déterminant de votre succès futur. A l’avenir, les recruteurs seront de plus en plus pro-actifs. Ils viendront vous chercher sur Google et dans les outils dédiés aux réseaux sociaux professionnels. Il est préférable qu’ils y trouvent des informations positives et concordantes avec votre projet. Vous devez donc avoir votre profil sur Internet et le référencer dans les moteurs de recherche.

Tapez votre prénom et votre nom dans Google et vous verrez le résultat. Les informations vous concernant sont parfois fausses, périmées, gênantes, incomplètes ou concernent un homonyme (même prénom et nom).

A vous maintenant de faire le point sur votre présence en ligne et de définir la meilleure stratégie possible pour vous référencer.

A. Quel est votre réputation sur Internet ? Avez-vous une identité numérique ?

Le plus simple est d’analyser les résultats des moteurs de recherche. Effectuez cette recherche sur Google et Yahoo (éventuellement sur MSN Search) en tapant votre prénom et votre nom avec guillemets: “Edouard Dupont”.

Pour élargir la recherche, vous pouvez chercher votre surnom, nom de jeune fille ou des abréviations de votre prénom (Frédéric, Fred ou F. par exemple). Pour en savoir plus, vous trouverez un processus plus détaillé sur Claimid.

Vous devez ensuite vérifier le contenu de ce qui se dit sur vous. Est-ce que le contenu (images et textes) trouvé sur Internet correspond à l’image que vous voulez donner de vous. Est-ce que cela correspond à votre marque personnelle ?

B. Créer et promouvoir votre profil en ligne : Auto-référencement, liens sponsorisés ou noms de domaine ?

Une fois que vous savez ce qui se dit sur vous, il faut passer à l’action et promouvoir sur Internet ce que vous voulez qu’on sache sur vous. Il s’agit donc de créer votre profil en ligne et de le promouvoir.

1. L’auto-référencement

a. Créez un ou plusieurs profils sur des sites spécialisés dans la promotion de votre marque personnelle : CV 2.0, LookUpPage, Brand-Yourself.com, QAlias, Ziki, Zoominfo, Ziggs, Naymz, Spock ou Wink. Un prochain billet vous donnera la description de leurs offres respectives.

b. Sur vos e-mails, votre blog, vos courriers papiers, ajoutez le lien Internet vers votre profil en ligne.

c. Si vous avez des choses à dire, créez un blog ! Par exemple sur Blogger. Cependant, il faut tenir dans la durée. Publier des billets pendant 3 mois puis laisser votre blog à l’abandon ne renverra pas une bonne image : manque de persévérance, personne velléitaire,… Un blog peut vous aider, mais il peut aussi se retourner contre vous si ce que vous publiez ne plaît pas aux lecteurs. Ou pire, si vos billets sont dans un style peu lisible qui laisse penser que vous ne savez pas vous exprimer clairement à l’écrit. Cela dit, l’apport d’un blog à votre marque personnelle est à forte valeur ajoutée… une valeur proportionnelle à la valeur du contenu que vous y publiez. 😉

d. Vous pouvez aussi publier des vidéos sur des sites de partage de vidéos vous montrant en action professionnellement (discours, présentation, interview,…) ou simplement pour faire un CV vidéo (qui suis-je, ce que je cherche, mon expérience, mes compétences,…). Voici un exemple de CV vidéo grandiose sur youtube.com .

e. Vous pouvez enfin publier votre CV sous forme de présentation powerpoint, voici le CV de Saranyan, le pionner en la matière : http://www.slideshare.net/saranyan/visual-resume

2. Les liens sponsorisés

La plupart des services qui proposent des profils ou des CV en ligne vous permettent de référencer votre profil dans les moteurs de recherche (soit automatiquement dès que vous créez le profil, soit sur demande). Certains services vont plus loin.

QAlias, Ziki, Naymz, Ziggs (et bientôt CV 2.0 & Brand-Yourself.com) vous proposent un abonnement pour référencer le profil que vous créez sur leur service dans les liens commerciaux de plusieurs moteurs de recherche. Votre profil Ziki ou Ziggs apparaît ainsi en premier dans les liens sponsorisés (c’est-à-dire dans les liens commerciaux au-dessus des résultats ou sur la colonne de droite).

Cependant, vous ne pouvez pas renvoyer vers votre blog ou vers votre profil Viadeo. Le lien sponsorisé renvoie obligatoirement vers le profil que vous créez sur Naymz, Ziki ou Ziggs.

Par ailleurs, le service est payant car les moteurs de recherche font aussi payer ces liens. Le coût des abonnements est au minimum 60 dollars USD (Naymz, Ziggs) ou 30 euros (Ziki) par an pour mettre votre profil dans les liens sponsorisés des moteurs de recherche (QAlias demande 120 USD par an pour pratiquement les mêmes fonctionnalités). Ziki propose une offre à 30 euros pour les particuliers et 180 euros pour les entreprises qui permet de personnaliser le message du lien sponsorisé et de renvoyer vers le site de l’entreprise au lieu du profil Ziki.

Si vous souhaitez renvoyer vers un profil particulier (blog, réseaux sociaux professionnels, site de votre entreprise,…), vous pouvez aussi faire vous-même ce travail de référencement en ouvrant un compte sur un des services suivants :

Google AdWords : https://adwords.google.fr

Avec Google AdWords, vous payez uniquement lorsque les utilisateurs cliquent sur votre prénom et votre nom dans les liens sponsorisés. En plus de votre prénom et de votre nom (indispensable pour votre marque personnelle), vous pouvez ajouter des mots-clés liés à votre activités, à votre expertise ou au nom de votre organisation. Cela peut être un avantage intéressant par rapport à Naymz, Ziggs et Ziki qui ne référencent que votre prénom et votre nom. Cependant, plus vous ajoutez des mots et plus vous augmentez le coût de votre référencement !

Votre prénom et votre nom apparaissent à côté des résultats de recherche ou au-dessus. Mais, il y aura bien sûr aussi les autres pages sur Internet qui contiennent votre nom et votre prénom. Personne n’est obligé de cliquer sur votre lien sponsorisé par Google.

Voici un exemple avec John Webb, regardez sur la droite de l’image, la flèche rouge pointe le lien sponsorisé par Naymz : (cliquez l’image pour agrandir)

Lien John Webb

Autre exemple avec le DG de Ziki France, Jean-François Ruiz :

Lien Jean-Francois Ruiz

Sur Google AdWords, il n’y a aucun montant de dépenses minimum (en dehors des frais d’activation). Si personne ne clique sur votre « prénom nom », vous ne payez rien. Vous pouvez aussi définir un budget maximum de dépenses, par exemple 5 euros. Au-delà de 5 euros, votre prénom et votre nom seront retirés des liens sponsorisés. Pour donner un ordre de grandeur, avec un coût par clic de €0,01, si votre budget est de 5 euros, cela signifie que 500 personnes peuvent cliquer sur votre lien sponsorisé. Selon votre notoriété, c’est peut-être soit le total de personnes qui vous chercherons sur un moteur de recherche pour un mois, soit pour un ou deux ans ! Ziggs et Naymz vous facturent $4.95 par mois, mais ils vous référencent au moins sur 3 moteurs de recherche (Google, Yahoo et MSN) – Uniquement sur Google pour Ziki. A vous de faire vos comptes en fonction de votre notoriété et de vos besoins !

Il est important de préciser que le coût par clic est variable. Ainsi, les mots clés « DVD » ou « voyage » utilisés par les commerçants auront probablement un coût par clic supérieur à votre « nom de famille ». C’est la loi de l’offre et de la demande. Cependant, vous pouvez définir non seulement un budget maximum mais aussi un coût par clic maximum pour garder la maîtrise de votre budget.

Sur les coûts, voici quelques informations pour la France :
– Frais d’activation : €5,00
– Coût par clic (CPC) minimum : €0,01 et plus, selon la popularité des mots clés.

Pour en savoir plus, visitez le centre de formation

Il existe aussi une alternative au CPC. Il s’agit du coût pour mille impressions (CPM) utilisé pour les annonces ciblées par emplacement (vous sélectionnez les sites sur lesquels s’affichent vos annonces). Vous payez lorsque l’annonce s’affiche sur les sites de votre choix et non au clic. Plus d’information sur ce lien

Yahoo Search Marketing : http://searchmarketing.yahoo.com/fr_FR/index.php

Le système de Yahoo est proche de celui de Google, pour en savoir plus

Microsoft adCenter : http://advertising.microsoft.com/france/microsoft-adcenter

Globalement, même principe que pour Google et Yahoo, voici un extrait du site : “Découvrez Microsoft adCenter, l’outil de marketing online qui vous permet de gérer vos campagnes de liens sponsorisés sur Live Search, le moteur de recherche de MSN, 1er portail Internet en France. Pour des frais d’inscription uniques de 5,00 € et une enchère minimale de 0,05€ par mot-clé, vous pouvez faire apparaître le site web de votre société en tête des résultats de Live Search”.

Etant donné que Google est le moteur de recherche de référence, si vous n’en choisissez qu’un, il vaut mieux choisir prioritairement Google AdWords.

3. Acheter un nom de domaine

L’achat d’un nom de domaine est une stratégie très efficace pour établir durablement votre présence en ligne. Le prix des noms de domaine est maintenant dérisoire (7 €/an). On vous offre souvent la possibilité de créer un ou plusieurs e-mails sur votre nom de domaine. Vous ne perdez plus votre e-mail quand vous changez de fournisseur d’accès à Internet. C’est utile surtout si cet e-mail figure sur les centaines de CV que vous avez envoyés ! Vous disposez souvent aussi d’un espace de publication pour vos contenus (CV, présentation,…). Si vous maîtrisez les outils de publications en ligne tels que Dreamweaver ou FrontPage, vous pouvez faire votre propre page. Mais le mieux est encore de rediriger votre nom de domaine vers l’adresse du service qui affiche votre CV, votre profil ou votre blog si vous en avez un à usage professionnel.

Par exemple, sur 1&1 (www.1and1.fr ), il est possible d’obtenir pour 7 euros par an : un nom de domaine, un e-mail et un espace de stockage de 3 pages (on vous fournit même le logiciel pour créer vos pages vous-mêmes). Voir aussi les offres sur www.godaddy.com .

Pour obtenir un bon référencement, il faudra que votre nom domaine contienne votre prénom et votre nom séparé par un tiret sinon le moteur de recherche considérera qu’il s’agit d’un seul mot. Exemple : www.prénom-nom.com (.net, .org, .ca, .fr,…). Le nom de domaine est un des premiers critères d’indexation par les moteurs. Il passe avant l’analyse du code HTML d’une page, de sa structure ou de ses balises meta. Vous augmentez vos chances d’apparaître dans les premiers résultats mais ce n’est pas garanti. Cela dépend aussi du contenu de votre profil et de la popularité de votre nom. Si votre nom est Igor Pszczolkowski, vous serez mieux référencer que Daniel Dupont, Durand ou Martin.

Pour preuve du besoin, Ziggs vient de lancer « Ziggs Name Manager » qui vous permet d’acheter votre nom de domaine en passant par leur service. Ils se chargent ainsi de rediriger à votre place votre nom de domaine vers votre profil Ziggs. Naymz et Brand-Yourself.com proposent la même offre (bientôt également sur CV 2.0) .

Gérer sa marque personnelle n’est pas une action ponctuelle, mais une stratégie sur le long terme. Construire une marque personnelle sincère et efficace ne s’improvise pas. Un nom de domaine permanent peut aider.

IV. Les freins culturels : culture du secret, manque de transparence, non-partage de l’information,…

Est-ce que le Personal Branding est compatible avec toutes les cultures ? Y a-t-il des différences entre générations : digital native Vs digital immigrant (Lire) ?

La promotion de votre marque personnelle est importante. Cependant, il est fort possible que vous vous sentiez mal à l’aise avec les concepts du Personal Branding. Certains diront que le Personal Branding correspond plus à la culture nord-américaine qu’à la culture française ? D’autres affirmeront qu’il s’agit de techniques pour « se vendre » comme des objets ? Quelle horreur ! Fuyez ! Non, attendez… en fait, il ne s’agit pas de se vendre. Il s’agit de savoir vendre ce que l’on est capable de FAIRE, de savoir mieux communiquer sur ce qu’on peut apporter aux entreprises : compétences, expertises, expériences, savoir-faire, savoir être,….

Mais ce n’est pas le plus gros problème. Dans des pays comme la France, la mise en place du Personal Branding sera freinée par la question du partage de l’information, et d’une manière plus générale par l’obligation de transparence. Question d’autant plus sensible qu’il s’agit d’informations personnelles. Créer un profil ou un CV sur la place publique Internet est tout simplement un non sens culturel pour beaucoup de personnes.

Pascal Baudry, président de WDHB Consulting et expert en interculturalité, nous livre sa réflexion sur le sujet : “Le rôle de l’explicite dans la culture américaine correspond à l’idée protestante que la collectivité – et, par voie de conséquence, les individus – a plus à gagner qu’à perdre en mettant le plus d’informations possible sur la place publique. A l’inverse, les Français se prémunissent d’une dissémination jugée excessive et potentiellement dangereuse des informations personnelles, par exemple grâce à la loi Informatique et libertés. Les Américains voient ce qu’ils ont à gagner dans le partage, les Français voient ce qu’ils ont à perdre.” (Extrait de “Français & Américains : l’autre rive”, Pascal Baudry, page 37, 3ème Edition, Village Mondial 2007 – Je vous recommande la lecture de son livre que vous pouvez par ailleurs télécharger gratuitement sur http://www.pbaudry.com/cyberlivre/ en pdf).

Ce qui est vrai pour la culture française est bien sûr vrai pour de très nombreuses cultures dans le monde. Il est possible que ces freins s’effacent progressivement quand les entreprises comprendront l’intérêt d’encourager leurs employés à construire leur marque personnelle. Dans un excellent billet, « Quelle marque voulez-vous tatouer sur votre corps ?”, Gilles Martin nous permet de voir le Personal Branding sous un autre aspect. Il insiste sur ce que les entreprises peuvent gagner : « C’est la somme des marques personnelles fortes de ses collaborateurs qui feront la force et la pérennité de la marque de l’entreprise. A ces personnes qui ne savent rien dire sur elles-mêmes que la marque de leur entreprise, la question à poser n’est pas : “Etes-vous fier de travailler pour cette entreprise ?” mais “Est-ce-que votre entreprise est fière que vous travaillez pour elle ?”.” Je vous recommande la lecture complète de son billet .

En fait, c’est un jeu gagnant gagnant. Un employé connu et reconnu ajoute au crédit de son employeur, tout comme une entreprise connue ajoute au crédit de ses employés. Les entreprises visionnaires devraient donc encourager leurs employés à développer une marque personnelle forte.

Mieux vous connaître afin de mieux vous faire connaître est d’une première étape dans votre “Personal Branding”. Mais, il faut aussi vous faire reconnaître, c’est-à-dire être reconnu pour vos mérites. Il s’agit de gérer votre réputation sur Internet.

Quelques sources :

Les concepteurs du Personal Branding aux Etats-Unis

Le site du livre de William Arruda et Kirsten Dixson, experts en stratégie de marque :
http://www.careerdistinction.com/

Le site de Peter Montoya, expert en Personal Branding :
http://www.petermontoya.com/mt_what_is_personal_branding/index.asp

Une association des professionnels francophones du Personal Branding :

http://www.authentys-personal-branding.com

Les articles de presse pour approfondir ou élargir :

Bichonner sa réputation sur Internet

Personal branding to win the world” By Kishu Gomes

The Brand Called You” By Tom Peters

Web 2.0 and Personal Brand Development Presentation” by Boris Mann

Sans oublier mon livre paru aux éditions Eyrolles en mars 2009 : “Réussir sa carrière grâce au Personal Branding”. La couverture du livre est sur le bandeau droit de ce blog (en haut).